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Twitter: Trump peut-il dire n’importe quoi ?

Publié le 26/05/2020 | par Steve Proulx

Nouvel épisode du téléroman « Donald Trump devrait-il être banni de Twitter ? » Et, à nouveau, le président aux pouces hyperactifs en sortira indemne.

Twitter Donald Trump

La question revient régulièrement sur le tapis depuis que le « leader du monde libre » a adopté Twitter en tant qu’outil d’autocongratulation et/ou de règlements de comptes : quelqu’un, quelque part, peut-il arrêter ce cirque ?

La semaine dernière, c’était au tour de l’animatrice de MSNBC Mika Brzezinski de s’en prendre à Donald Trump en ondes, le traitant de malade (« sick person ») après que celui-ci ait publié un Tweet dans lequel le président suggérait qu’une enquête devrait être ouverte sur les implications du mari de Brzezinski, l’ex-représentant républicain Joe Scarborough, dans le décès d’une stagiaire en 2001. Des accusations graves — surtout de la part d’un président en fonction — sur une affaire pourtant classée comme un accident depuis près de 20 ans.

Mika Brzezinski a promis qu’elle chercherait à discuter avec le patron de Twitter, Jack Dorsey, pour savoir pourquoi le réseau social ne coupait pas le sifflet à Donald Trump. Après tout, n’y a-t-il pas des règles de civisme à respecter sur Twitter ? 

Oui, il y en a. Elles sont ici

Notamment, « utiliser des insultes agressives dans le but de harceler ou d’intimider les autres » est un comportement jugé inapproprié par Twitter.

Si l’on se fie à l’analyse exhaustive de 11 000 Tweets du règne de Trump par le New York Times, la moitié de ses diatribes en 140 caractères étaient des attaques envers ses ennemis politiques (ou ses ennemis en général). 

Cela fait tout de même un sacré paquet d’insultes.

Alors, pourquoi Twitter ne sévit-il pas contre Trump ? Eh bien, parce que dans les règles de civisme de Twitter, il y a de commodes exceptions.

La clause Trump

Vraisemblablement pour éviter d’avoir à sévir contre son plus célèbre pamphlétaire, Twitter a ajouté à ses règles de conduite des « exceptions d’intérêt public » : 

« Chez Twitter, nous prenons généralement des mesures à l’encontre des Tweets qui enfreignent nos règles. Cependant, nous reconnaissons qu’il peut parfois être dans l’intérêt public de permettre aux utilisateurs de voir des Tweets qui, autrement, seraient supprimés. »

[…]

« À l’heure actuelle, nous limitons les exceptions à un type essentiel de contenu d’intérêt public, à savoir : les Tweets d’élus et de représentants du gouvernement, car il est dans le grand intérêt du public de connaître leurs actions et déclarations, et de pouvoir en discuter. »

En d’autres termes, sur Twitter, Trump est libre de dire toutes les niaiseries qui lui traversent l’esprit, en vertu du « grand intérêt public ».

Et c’est ainsi que la célèbre plateforme de microblogage s’en lave les mains, même si Trump intimide des innocents, partage des informations potentiellement dangereuses pour la vie humaine concernant la COVID-19 ou menace d’attaquer des sites culturels de l’Iran (ce qui est largement considéré comme un crime de guerre).

C’est dans « l’intérêt public », nous dit Twitter.



COVFEFE, vous dites ?

En 2017, quelques semaines après un mystérieux Tweet nocturne dans lequel le président réinventait l’orthographe du mot « coverage » en écrivant « covfefe », le représentant démocrate de l’Illinois Mike Quigley proposait le COVFEFE Act (pour Communications Over Various Feeds Electronically for Engagement Act). Un trait d’humour, certes, pour un projet de loi on ne peut plus pertinent qui ferait en sorte que toutes les communications transmises sur les réseaux sociaux par les présidents des États-Unis seraient conservées aux archives nationales « pour référence future ».

En particulier, pour s’assurer que les civilisations de demain puissent rigoler un bon coup en relisant les miscellanées du pire président de l’histoire des États-Unis

+

Twitter fact-checks a misleading Trump tweet for the first time, MIT Technology Review (26/05/2020)

Epinglé par Twitter, Trump menace de « fermer les réseaux sociaux », Le Monde (27/05/2020)


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Steve Proulx

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