Les écrans

Du temps d’écran bien investi

5 choses à savoir sur les pods

Marie-Eve Shaffer

Les pods rassemblent des influenceurs qui souhaitent propulser leurs publications et, du coup, gonfler leur taux d’engagement. Si les avantages de ces groupes de soutien clandestins semblent attrayants, il y a aussi des inconvénients. Voici 5 choses à savoir sur les pods.

Photo : Kate Torline | Unsplash

Le but : déjouer l’algorithme des médias sociaux

Les pods ont été imaginés par des influenceurs pour tromper l’algorithme des médias sociaux, rapporte Charlie Fernandez, le directeur de marketing de l’agence de communication Réverbère, spécialisée dans Instagram.

« Devant la baisse de la portée organique de leurs publications, les influenceurs ont développé des groupes de personnes qui ont des standards similaires en matière d’audience, de thématiques et des intérêts en commun », explique-t-il.

Les pods sont ainsi très prisés par les influenceurs. Ils peuvent être très utiles pour ceux qui sont en quête de notoriété dans les médias sociaux, mais également un blogueur qui souhaite partager davantage ses idées ou une petite entreprise qui veut promouvoir ses produits.

« Quand vous n’êtes pas connu et que l’algorithme ne vous est pas favorable, le pod vous donne un boost pour que vos publications soient vues par davantage de personnes », affirme Vincent Meslage, le vice-président d’Horizon B2B, une agence spécialisée dans le marketing B2B sur LinkedIn.

> LIRE AUSSI :
7 apps pour faire briller son fil Instagram

Des règles encadrent les pods

Les membres d’un pod utilisent généralement des applications de messagerie, comme WhatsApp ou Telegram, sinon le courriel, pour communiquer entre eux. Dès que l’un d’eux fait une publication, les autres s’organisent pour l’aimer, la commenter, la partager ou l’enregistrer.

Chaque pod a ses règles sur les réactions exigées. Par exemple, vous devez aimer les publications des membres du groupe et écrire un commentaire de plus de cinq mots.

Dans certains cas, les pods peuvent susciter des réactions de piètre qualité, surtout si elles sont automatisées. Les pods manuels étant très chronophages, des applications existent pour les publier automatiquement, comme Podawaa ou Lempod (les deux pour LinkedIn).

« Les interactions ne sont alors pas en lien avec ce que vous écrivez. C’est plus difficile d’engager la conversation », avance Vincent Meslage.

Au sein de son entreprise, le spécialiste déconseille à ses clients d’utiliser des pods pour faire circuler leurs publications. Il préfère les encourager à créer un engagement réellement organique. « À long terme, cette stratégie sera plus durable [que les pods] », dit-il.

Toutefois, si vous décidez de recourir aux pods pour faire rayonner vos publications, le vice-président d’Horizon B2B conseille de les utiliser de moins en moins au fur et à mesure que l’engagement organique prend de l’ampleur.

Comment trouver un pod ?

Vous trouverez des pods dans les médias sociaux ou même les forums de discussion, comme Reddit ou Black Hat World. Des listes circulent également dans des sites spécialisés ou des blogues.

Il se peut que vous deviez recevoir une invitation pour être inclus dans l’un de ces groupes de soutien secrets. Vous pouvez ainsi partir à la chasse de pods. Examinez les dernières publications des influenceurs qui partagent les mêmes idées que vous. Si certains s’échangent systématiquement les pouces en l’air et des commentaires, il y a de fortes chances qu’ils fassent partie d’un pod. Écrivez à l’un d’eux pour manifester votre intérêt à participer à leur petite communauté.

Sachez qu’il existe des critères pour faire partie d’un pod. Certains exigent que vous soyez suivi par 10 000, 30 000 ou même 50 000 abonnés. D’autres vous accepteront seulement si des sujets précis, comme la mode, les voyages ou l’entraînement physique, sont abordés dans vos publications. Il est aussi possible que vous deviez payer un tarif mensuel pour profiter des avantages d’un pod.

> LIRE AUSSI :
5 faux pas à éviter quand on gère les réseaux sociaux d’un média

Ne vous faites pas pincer

Les médias sociaux détestent les pods créés pour court-circuiter leur algorithme. Quels indices peuvent leur laisser croire que des internautes réagissent de façon organisée ? Une publication recueille un millier de mentions « J’aime » en moins d’une heure ou elle obtient des centaines de pouces en l’air et seulement deux commentaires.

« Instagram ne tolère pas les pods ni le marketing automatisé », dit Charlie Fernandez. Dans Facebook et LinkedIn, toutes les pratiques qui simulent artificiellement de l’engagement sont aussi prohibées.

Dès que les médias sociaux constatent l’existence d’un pod, ils s’organisent pour pénaliser ses membres. Ils suspendent temporairement leur compte, sinon ils rendent leurs publications invisibles (shadow ban). Les internautes retrouvent de l’engagement seulement s’ils se conforment aux règles.

Ne misez pas tout sur les pods

Si vous voulez promouvoir vos publications grâce à un pod, assurez-vous de ne pas miser seulement sur ces groupes de soutien, conseille Charlie Fernandez.

« Ça serait une erreur », dit-il, en soulignant qu’il existe plusieurs stratégies de marketing d’interaction, comme le lancement de concours, la mise en ligne d’une campagne d’influence (shoutout) ainsi que la cocréation et la copromotion de contenu.

Autrement dit, mieux vaut ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier !


PUBLIÉ LE 05/01/2021


VOIR AUSSI :
5 faux pas à éviter quand on gère les réseaux sociaux d’un média
réseaux sociaux média

Il ne suffit pas de relayer les derniers articles de la salle de rédaction.

Réseaux sociaux: lequel est le plus sûr pour les marques?
brand safety

Un géant de la pub lance un nouveau classement des médias sociaux.

Comment choisir l’image parfaite pour les médias sociaux?
image Instagram

Une image vaut mille mots. Encore plus vrai sur les médias sociaux.

Les tendances médias sociaux pour 2021
tendances médias sociaux

Les faits saillants du rapport annuel HubSpot/Talkwalker.