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Nano-influence: une activité plus récompensée que rémunérée

Si son impact a été démontré et quantifié, le nano-influenceur est rarement (ou pas) payé lorsqu’il parle d’un produit ou d’une marque.

nano-influenceur Québec
Illustration : Good Studio | Adobe Stock

Ces ambassadeurs se différencient par leur petit nombre d’abonnés sur Instagram, soit moins de 1000 au Québec à moins de 10 000 ailleurs dans le monde. Pourtant, les agences et les entreprises font de plus en plus appel à leur pouvoir d’attraction.

La firme québécoise Bicom a commandé à l’agence de recherche Callosum, une étude pancanadienne sur le rôle des nano-influenceurs dans un contexte de « relance économique » post-pandémie. Il en est ressorti que ces petites personnalités du Web sont la source la plus efficace pour influencer les comportements, et que leur impact sur les intentions d’achat des Canadiens a continué de progresser au cours des deux dernières années dans les secteurs de la restauration, des médias, des voyages, de la santé, de l’électronique, de la mode et de la beauté.

Ce sont 800 nano-influenceurs canadiens qui ont été dénichés par Bicom sur les réseaux sociaux par l’intermédiaire de son programme B Nation. « Ils entretiennent des relations dans la vraie vie avec leurs abonnés ou les ont rencontrés au moins une fois, explique Vicky Boudreau, chef de la direction et partenaire fondatrice de Bicom. Leurs recommandations sont authentiques, car bien souvent ils créaient déjà du contenu sur ces thèmes avant. »

Modèle d’affaires inexistant au Québec

Les nano-influenceurs représentent des partenaires idéaux pour les marques et les entreprises qui souhaitent plus de visibilité avec pas ou peu de moyens. Au Québec, Bicom n’offre pas de rémunération en argent, mais des cadeaux de la marque promue, comme un abonnement à un magazine ou une invitation à un événement. « La rétribution n’est jamais au centre des débats, les gens parlent d’un article avant tout parce qu’ils l’apprécient », estime Vicky Boudreau. Et si ces « nouveaux testeurs » ne sont pas satisfaits, ils n’en parleront pas. 

Chez Influentia, un start-up française qui travaille majoritairement avec des influenceurs ayant entre 5 000 et 50 000 abonnés, la valeur du produit est liée au salaire. « Lorsque la valeur n’est pas très élevée, l’influenceur aura tendance à demander une rémunération en complément », explique Idriss Khouader, cofondateur de la jeune pousse. 

Pour une publication et cinq stories, les tarifs d’Influentia varient entre 50 et 200 euros (75 à 300 CAD) en fonction de la taille et de la qualité de la communauté ciblée. Les nano-influenceurs sont rarement payés, en comparaison à leurs homologues micro et macro, sauf lorsque la valeur du produit promu est vraiment faible. « Ceux qui ont peu d’abonnés font souvent cela en parallèle de leur activité principale », ajoute M. Khouader.

Aux États-Unis et au Canada anglais, il est beaucoup plus courant que les nano-influenceurs reçoivent une somme d’argent en échange de publications.


prix nano-influenceur
Source : Étude Klear, 2019

Nano-influenceur : par conviction d’abord

Edith Jolicoeur, consultante en utilisation stratégique du Web et des réseaux sociaux, croit qu’un nano-influenceur ne devrait jamais être associé à une quelconque récompense, qu’elle soit en argent ou en produits. Elle a été parmi les premières à utiliser le terme de nano-influence, désormais galvaudé, lors d’une conférence TedX sur le sujet au début de l’année 2018.

« Lorsque l’on amène l’aspect de rétribution en échange d’une publication, il ne s’agit plus d’un message neutre, mais d’une commandite, estime-t-elle. Si les publications sont faites gratuitement, cela permet de promouvoir des valeurs un peu plus nobles, à mon sens. »

Pour Mme Jolicoeur, la nano-influence doit demeurer « pure » : les personnes qui l’exercent devraient se faire les ambassadeurs d’une cause ou d’une marque qui fait véritablement partie de leurs valeurs. Elle prend l’exemple d’internautes qui promeuvent le commerce local de façon organique, sans avoir conscience, parfois, de leur impact. « L’idée est plutôt de responsabiliser et d’éduquer les gens à ce rôle, car tout le monde peut être un nano-influenceur, ajoute-t-elle. Ils ne devraient pas être utilisés à des fins mercantiles. »


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Pascaline David

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