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La musique en continu stagne: quelques faits

Catherine Courchesne

Un article du magazine américain Billboard attire l’attention. On y lit qu’en 2020, la consommation de musique en continu aux États-Unis aurait cessé de se développer. Comment expliquer ce phénomène ? Qu’en est-il au Québec ? Les artistes d’ici doivent-ils s’inquiéter ?

Photo : Zarak Khan | Unsplash

Selon l’article du Billboard « Streaming is Stalling : Can Music Keep Up in the Attention Economy? », la consommation de musique en continu aurait connu un ralentissement certain en 2020. La chute la plus importante coïnciderait même avec le début de la crise sanitaire et l’entrée en vigueur des mesures de confinement, en mars 2020. Baisse enregistrée ? 13 %.

La consommation de musique en continu aurait ensuite rebondi de 15 % en juin pour se stabiliser depuis autour de son niveau prépandémique, soit 17,5 milliards de flux hebdomadaires.

Routines musicales bouleversées

L’un des facteurs expliquant cette chute est que la consommation de musique en continu coexiste généralement avec des activités quotidiennes qui ont diminué en raison du confinement. Des exemples : se rendre au travail, passer du temps en voiture et s’entraîner au gym. La plateforme Spotify arrivait d’ailleurs à la même conclusion dans son rapport financier du premier trimestre 2020.

Le Québec aurait-il échappé au phénomène ? Il semble que non. Bien qu’aucune donnée officielle n’existe, l’autrice-compositrice-interprète Diane Tell déclarait dans La Presse en mars 2020 avoir noté une chute de l’écoute de ses chansons sur les différentes plateformes numériques.

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Moins de streaming, mais davantage d’abonnés

Cela dit, bien que la consommation de musique en continu ait légèrement baissé en raison du confinement, le nombre d’abonnés payants aux Spotify et Apple Music de ce monde aurait quant à lui augmenté. À titre d’exemple, Spotify a annoncé une croissance de 31 % de ses abonnés payants dans ses résultats du premier trimestre 2020 par rapport au même trimestre de l’année précédente.

Une nouvelle « encourageante », selon l’autrice-compositrice-interprète Amélie Larocque (alias Amay Laoni) et le multi-instrumentiste Étienne Chagnon, cofondateurs de la maison de disques Oblik Records. « Cela démontre que les gens sont maintenant prêts à payer pour écouter de la musique en continu », estiment-ils.

S’inquiéter ou pas ?

Outre la pandémie, l’article du Billboard souligne d’autres forces rentrant en compétition avec le streaming, soit les jeux vidéo, les réseaux sociaux et les balados.

Selon un rapport de NPR et Edison Research, le temps passé à écouter de la musique aurait d’ailleurs diminué de 5 % de 2014 à 2019, tandis que le temps passé à écouter du contenu parlé aurait augmenté de 20 %.

Ici encore, les artistes entrepreneurs Amélie Larocque et Étienne Chagnon restent optimistes : « À nos yeux, ce sont des forces davantage complémentaires que concurrentielles. D’une part, il y a des balados portant sur la musique, donc l’un nourrit l’autre et vice versa. D’autre part, il y a de la musique dans les jeux vidéo et dans des réseaux sociaux comme TikTok. Autrement dit, la musique est partout et là pour rester. »

Ainsi, selon eux, la vraie source de tracas se trouve plutôt du côté des redevances. Un dossier qui n’est pas encore réglé.


PUBLIÉ LE 09/02/2021


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