Les écrans

Le média en ligne des médias en ligne

Mouvement média d’ici, un bilan

Louise Bouchard
Récents articles de Louise Bouchard (tout voir)

Le « Mouvement média d’ici » a été lancé il y a six mois par l’Association des agences de communication créative (A2C) et le Conseil des directeurs médias du Québec (CDMQ) pour encourager l’investissement dans les médias locaux. On en dresse le bilan avec Véronik L’Heureux, présidente du CDMQ et première vice-présidente de Publicis Média.

Véronik L'Heureux

«[En rapatriant une bonne partie des placements publicitaires numériques], l’objectif est de doubler la part des budgets consacrés aux médias locaux, soit 200 millions de dollars d’ici trois ans.»

-Véronik L’Heureux, présidente du CDMQ

Rappelez-nous les objectifs et pistes d’action de ce mouvement.

Véronik L’Heureux : « Il s’agit essentiellement d’amener les professionnels de notre écosystème à adopter des pratiques médias responsables afin de rapatrier une bonne partie des placements publicitaires numériques qui échappent actuellement aux médias d’ici. L’objectif est de doubler la part de ces budgets consacrés aux médias locaux, soit 200 millions de dollars d’ici trois ans. »

Comment comptez-vous convaincre les annonceurs de miser davantage sur les médias locaux ?

V.L. : « On travaille présentement à élaborer un guide d’achats médias responsables qui sera à la disposition des agences de publicité et des annonceurs. Ce guide va les sensibiliser à l’importance de tels gestes, bien sûr, mais va aussi les équiper pour qu’ils puissent éventuellement mesurer l’impact de leur investissement. »

De quelles façons pourront-ils mesurer cet effet ?

V.L. : « Par des indicateurs de succès qui sont en train d’être définis avec l’aide de firmes externes qui en assurent la rigueur. Comme l’idée est de mesurer les répercussions financières sur l’écosystème local, on pourra comparer la portion dédiée aux médias locaux par rapport à l’enveloppe budgétaire totale et en suivre l’évolution tout en évaluant les retombées économiques réelles. »



Dans le manifeste accompagnant le lancement, il était question d’urgence d’agir. Six mois plus tard, le secteur est-il toujours en état d’alerte ?

V.L. : « Oui, et encore plus. La crise sanitaire a même accentué ce sentiment d’urgence. Les grands annonceurs ont effectué des coupures importantes qui ont eu d’autres répercussions négatives sur les médias locaux. »

La crise de la COVID-19 a accéléré la tendance à l’achat local chez les consommateurs. Avez-vous observé un tel comportement chez les publicitaires ?

V.L. : « Oui, en effet. La crise a mis encore plus en lumière l’importance de soutenir notre écosystème, notre offre dans les médias locaux. De plus, le mouvement s’inscrit dans cette grande tendance qui est accélérée en ce moment grâce à des initiatives comme le Panier bleu. »

Vous parlez d’écosystème. Est-ce exact de dire qu’un ensemble de joueurs est convoqué par et pour le Mouvement média d’ici ?

V.L. : « L’initiative provient d’une collaboration entre l’A2C et le CDMQ, mais c’est toute l’industrie qui est mobilisée. Ce n’est pas seulement ceux qui investissent les dollars publicitaires, mais tous les acteurs de la chaîne. C’est une problématique beaucoup plus large qui touche l’industrie de la communication et pas seulement les professionnels de la publicité. »

Que souhaite-t-on pour les prochains six mois ?

V.L. : « De se relever de la COVID-19 ? Les agences de création, par exemple, ont été obligées d’interrompre leur production pour des raisons sanitaires. De nombreux artistes souffrent de ces arrêts de travail. Les agences médias, pour leur part, ont réussi à poursuivre leurs activités pour répondre aux besoins de leurs annonceurs pour des campagnes plus adaptées à la situation actuelle. Le Mouvement va poursuivre ses travaux et continuer à mobiliser les joueurs de l’industrie pour des investissements publicitaires dans les médias locaux. » 


+

Lire aussi : Québec appelé à en faire davantage pour les médias d’information


PUBLIÉ LE 03/12/2020


VOIR AUSSI :
Les leçons à tirer de la fameuse liste de lectures de François Legault

Ce que l’ALQ aurait dû faire avec les choix littéraires du premier ministre.

Décryptage : le silence de Justin Trudeau
Silence - Justin Trudeau

Le silence de 21 secondes du premier ministre était-il calculé?

Réseaux sociaux: lequel est le plus sûr pour les marques?
brand safety

Un géant de la pub lance un nouveau classement des médias sociaux.