Les écrans

Du temps d’écran bien investi

Les médias sociaux ne remplacent pas les relations humaines

Steve Proulx

Si un peu plus d’une année de télétravail/confinement/distanciation ne vous l’a pas encore démontré: non, les médias sociaux ne peuvent pas remplacer les vraies interactions humaines.

Photo : Freepik

Selon une récente étude de la Michigan State University, la recherche de «récompenses sociales» en ligne pourrait même induire des symptômes comparables aux troubles liés à la toxicomanie.

Cette chronique a d’abord été publiée dans l’infolettre InfoBref du samedi 8 mai. Pour s’y abonner, c’est par ici.

Ce que dit la recherche

Les auteurs de cette étude, publiée dans la revue Addictive Behaviors, ont interrogé 400 étudiants universitaires pour connaître leur degré de soutien social dans la vie réelle et dans les médias sociaux.

Ils ont déterminé que les interactions dans les médias sociaux n’avaient pas d’impact négatif global sur la santé mentale, pas plus qu’ils n’avaient d’impact positif. En revanche, seul le soutien social réel était lié à une meilleure santé mentale en général.

En deux mots, si vous cherchez du soutien moral, si vous traversez des difficultés ou des frustrations et que vous avez besoin d’en parler, mieux vaut le faire en personne (avec un masque).

Une dépendance qui n’en est pas (encore) une

Les chercheurs rappellent que la dépendance aux médias sociaux n’est pas une dépendance reconnue au même titre que la toxicomanie, par exemple.

Par contre, les chercheurs ont remarqué d’inquiétantes similitudes entre les symptômes d’une personne toxicomane et ceux d’une personne qui fait une utilisation excessive des médias sociaux. Celle-ci risque de s’isoler, de chercher constamment une «récompense» dans ses interactions sur les médias sociaux, au point de négliger les relations humaines authentiques.

Tout ceci pourrait mener à une dégradation de la santé mentale.

La fatigue numérique s’installe

Ces derniers temps, on sent éclore une certaine écœurantite aiguë d’une partie de la population envers les médias sociaux et les plateformes en ligne.

Le mirage d’une société capable de s’épanouir en toute sécurité en recourant aux outils numériques est en train de se dissiper.

Le temps passé en vidéoconférence épuise le corps et l’esprit, un syndrome qu’on a vérifié et baptisé la «Zoom fatigue».

S’informer par le biais des médias sociaux permettrait aux fausses informations concernant la COVID-19 de marquer les esprits, selon une étude de l’Université McGill. Ce serait même un danger pour la santé publique.

Les médias sociaux font ressortir le pire de l’humain en permettant aux discours racistes, sexistes ou haineux de s’exprimer dans le confort de son foyer.

Chaque semaine, des personnalités prennent une pause des médias sociaux pour fuir les conversations toxiques, des gens sont victimes de microagressions sur Facebook, des études se penchent sur l’estime de soi déclinante des ados à l’ère d’Instagram.

Les médias transforment les sociétés, c’est un fait. La télé commerciale a contribué à faire de nous des consommateurs d’abord, des citoyens ensuite. Son attrait nous a rendus plus sédentaires, moins «sorteux», plus isolés. Des patates de sofa.

J’ignore comment les médias sociaux transformeront durablement nos sociétés. Mais à voir comment les choses évoluent, j’ai beaucoup de mal à penser que «ça va bien aller»…


PUBLIÉ LE 12/05/2021


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