Les écrans

Le média en ligne des médias en ligne

Les écrans, 1er mois: jusqu’ici tout va très bien

Déjà un mois que 37e AVENUE lançait Les écrans, en pleine période de confinement.

Les écrans
Illustration : Nuthawut | Adobe Stock

Souvenons-nous, à l’époque, le Québec commençait à considérer avec une belle candeur un certain retour à la normale. 

Le premier ministre François Legault entamait pro-gres-si-ve-ment son plan de déconfinement : réouverture du secteur minier, des garages, du secteur de la construction résidentielle, des commerces avec une porte extérieure, annonce de la réouverture des écoles primaires et des services de garde, retrait des contrôles routiers aux portes des régions vulnérables. Pour l’industrie des écrans, nous annoncions ici la réouverture de l’industrie du doublage.

Pendant ce temps, des décès s’ajoutaient chaque jour au funeste bilan.

Le 14 avril 2020, jour du lancement de notre humble média, il n’y avait encore que 487 décès au Québec liés à la COVID-19. 

Un mois plus tard : 3 351 morts selon le dernier décompte.

L’économie québécoise est peut-être encore largement sur « pause », l’histoire du Québec, elle, est sur le « fast-forward ». Un petit mois nous aura fait passer d’une époque à une autre.

Désormais, le gouvernement recommande « fortement » le port du masque à l’extérieur. Montréal, épicentre de la crise au Québec, fait parler d’elle jusque dans le quotidien The Guardian. En fin de compte, les écoles primaires du Grand Montréal n’ouvriront pas avant septembre. Et les commerces qui devaient ouvrir le 25 mai ? Seulement si la situation s’améliore.

Aux nouvelles, on ne voit plus personne se battre pour du papier de toilette au Costco. La panique des débuts a fait place à une lourdeur. Un stress social palpable.

Certains décompressent en cuisinant leur pain maison ou en se faisant aller sur TikTok. Parfait.

D’autres, en revanche, cherchent à apaiser leur anxiété en trouvant dans les théories du complot des réponses faciles au chaos ambiant : c’est la faute à la 5G, c’est un virus fabriqué en laboratoire et autres fausses croyances…, qui finissent par causer encore plus d’anxiété !

D’autres, enfin, en ont assez d’entendre parler de ce « maudit » virus et se détournent des nouvelles.



L’avenir du journalisme de qualité

Sur Les écrans, nous avons choisi ce mois-ci de proposer quelques réflexions sur un enjeu qui a pris un tournant plus urgent que jamais avec la pandémie : l’importance de trouver des moyens de financer un journalisme de qualité.

Si l’enjeu n’est pas nouveau, la crise aura surtout braqué les projecteurs sur un triste paradoxe : alors que la population se tourne plus que jamais vers les médias d’information pour se tenir au courant de l’évolution de la situation, la même crise mine les revenus publicitaires déjà fragiles de nombreux médias, ce qui a poussé plusieurs d’entre eux à mettre la hache dans leur salle de presse.

Maintenant, on fait quoi ? 

L’aide fédérale au journalisme est sur la table, la philanthropie pour soutenir les médias d’information se développe tranquillement. La publicité programmatique déçoit plusieurs éditeurs de médias en ligne. Et l’éléphant dans la pièce, les Google et Facebook qui monopolisent l’essentiel de la tarte publicitaire, devraient-ils partager leurs revenus avec les artisans de l’information ? C’est ce que de nombreux acteurs de l’industrie réclament désormais. En pleine pandémie, agences de communication et éditeurs de médias québécois ont en outre signé un manifeste pour inviter le milieu des affaires à agir de façon « responsable » en soutenant davantage nos médias locaux grâce à leurs dollars publicitaires.

C’est clair : cette pandémie a provoqué une onde de choc dans le secteur des médias, et la recherche d’un modèle d’affaires viable pour le journalisme de qualité est passée à la vitesse supérieure. 

Ce sera un dossier à suivre ces prochains mois.

Pendant ce temps, voici ce qui a retenu notre attention…

Aime ton cinéma – Pour améliorer la découvrabilité des films québécois en ligne, un regroupement de distributeurs de films québécois a lancé la plateforme Aime ton cinéma. Pour chaque film répertorié, un moyen de le regarder.

La Converse – En mai, une autre initiative a aussi été lancée, La Converse, un « nouveau média propulsé par un journalisme de dialogue ». On nous promet « des angles humains, différents, des voix qu’on n’entend pas souvent ». 

Zoom épuise – Alors que la vidéoconférence est devenue la nouvelle façon d’assouvir nos instincts d’animaux sociaux, on commence à s’interroger sur la charge mentale qu’occasionne ce nouveau moyen de communication.

Jusqu’au déclin – Le premier film québécois produit par Netflix, a enregistré pas moins de 21 millions de visionnements en seulement quelques semaines. On cherche un autre film d’ici qui a su rallier autant de spectateurs en si peu de temps. On n’en trouve aucun exemple.


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Steve Proulx

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