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Des milliers d’emplois de moins dans les médias canadiens

Patrick White

Chaque semaine, Patrick White passe en revue quelques informations sur le monde des médias, des technologies et du numérique qui méritent votre attention.


COVID-19 : près de 2600 postes perdus dans les médias au Canada

Une compilation rendue publique cette semaine montre que 2553 personnes ont perdu leur emploi dans le secteur des médias depuis le début de la pandémie de COVID-19.

Ces chiffres de l’Association canadienne des journalistes et de divers autres organismes ont été publiés sur le site J Source. Voici la carte des régions touchées :

En date du 22 octobre :

  • 810 de ces licenciements sont permanents.
  • 51 médias ont fermé depuis le 13 mars au pays, dont 48 médias communautaires.
  • 46 médias canadiens ont mis fin à leur édition papier depuis le début de la pandémie.
  • Près de 140 médias et 15 groupes médiatiques ont aussi réduit leur personnel au pays depuis mars.

Au Québec, on note la disparition de 14 postes au Journal de Québec en septembre. Au Canada anglais, CBC a par ailleurs annoncé l’abolition de 130 postes d’ici la fin de l’année. 

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Abolitions de postes à TVA Sports

La chaîne d’informations sportives TVA Sports a annoncé vendredi dernier le licenciement de 17 employés dans la foulée de l’abolition des bulletins de nouvelles en ondes.

Un grand nombre d’événements sportifs ont été annulés en raison de la COVID-19, ce qui a nui grandement au contenu présenté. Ironiquement, 2020 est la première année en neuf ans où TVA Sports n’a pas perdu d’argent.

TVA Sports souhaite se concentrer davantage sur les événements en direct et mettre encore plus l’accent sur le contenu numérique.

Parmi les employés ayant perdu leur emploi, on note Daniel Melançon à l’émission Salut Bonjour ! et Geneviève Tardif.

Réorganisation à Radio-Canada

Une réorganisation des cadres à l’information a été annoncée mardi à Radio-Canada. La nouvelle structure de direction se fera en fonction « de pôles d’expertises » plutôt que par titres d’émissions.

L’idée est de « mieux intégrer l’ensemble de la production de contenus », a expliqué la directrice générale de l’information, Luce Julien, dans une note aux employés.

Dans le détail, notons entre autres que Crystelle Crépeau a été nommée première directrice pour les émissions magazines et l’information numérique. Dominique Poirier a pour sa part été nommée première directrice pour les enquêtes, les nouvelles et le contenu original. 

Soutenir l’éducation aux médias pour freiner la désinformation en ligne

Le gouvernement fédéral a annoncé, lundi, une subvention de 225 000 $ à un OBNL pour combattre la désinformation au Canada.

Patrimoine canadien a débloqué ce financement sur 3 ans au groupe HabiloMédias pour tenir une Semaine d’éducation aux médias en 2020, 2021 et 2022. 

Ce rendez-vous annuel existait déjà et vise « à sensibiliser les Canadiens et Canadiennes des quatre coins du pays à l’éducation médiatique et numérique ». 

Le Programme de contributions en matière de citoyenneté numérique « finance des activités axées sur la recherche et les citoyens en appui à la démocratie et à la cohésion sociale dans le monde numérique, et aux efforts visant à contrer la désinformation en ligne ».

La Semaine d’éducation aux médias vise à « encourager la population canadienne à faire preuve de jugement ». Organisé avec la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants, le rendez-vous vise des activités pour les écoles, les bibliothèques, les associations éducatives et les organismes communautaires.

L’accent sera mis sur « l’importance de l’éducation numérique et médiatique pour apprendre aux jeunes à faire preuve d’esprit critique ».

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Facebook tente de nuire à des chercheurs 

Facebook tente depuis quelque temps d’empêcher des chercheurs de l’Université de New York (NYU) d’analyser des données sur les publicités numériques durant la campagne électorale américaine.

Le géant du web a demandé aux chercheurs de mettre fin à leur recherche, par le biais d’une mise en demeure.

Les chercheurs ont évidemment refusé de coopérer et entendent bien mener leur recherche à terme.

Facebook estime, selon l’AFP, que le projet de récolte des informations Facebook des internautes par NYU enfreint ses règles.

NYU réplique en affirmant que « le public a le droit de savoir comment les pubs politiques sont ciblées, donc nous n’obéirons pas à cette requête ». NYU a invité les internautes à installer l’extension AdObserver, « qui copie les publicités vues sur Facebook dans une base de données publique, à des fins de transparence et de recherche sur le ciblage publicitaire ».

Comme le rappelle l’AFP, « le géant des réseaux sociaux est plus que jamais scruté et critiqué pour son rôle dans la campagne et la façon dont différents groupes politiques se servent des outils à leur disposition sur Facebook pour influencer des électeurs ».

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PUBLIÉ LE 30/10/2020