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Des nouvelles du Globe and Mail et de Google

Patrick White

Chaque semaine, Patrick White passe en revue quelques informations sur le monde des médias, des technologies et du numérique qui méritent votre attention.


Sophi.io, le robot du Globe and Mail, gagne un prix

L’intelligence artificielle a le vent dans les voiles et l’impact en journalisme commence à peine à se faire sentir. Mais Globe and Mail a bien compris cette technologie et a pris le lead, comme on dit.

Sophi.io, le robot d’automatisation et de prédiction basé sur l’intelligence artificielle du quotidien torontois vient de remporter le prix du journalisme en ligne pour l’innovation technique, décerné par l’Online News Association (ONA). Ce robot gère la mise en ligne des articles sur la page d’accueil du Globe and Mail .com (et des applications) en plus d’optimiser le contenu pour les médias sociaux.

Le trafic du Globe and Mail a augmenté considérablement grâce à Sophi.io, de même que les abonnements : le taux de clics (« click through rate » ou CTR) de la page d’accueil a augmenté de 17 % avec Sophi.io et les abonnements ont grimpé de 10 % en retour. Principal quotidien national au Canada, le Globe and Mail compte six millions de lecteurs numériques chaque semaine.

Les éditeurs du Globe pour leur part demeurent au cœur du processus éditorial en travaillant sur du contenu à valeur ajoutée au lieu d’effectuer des tâches répétitives. Ils conservent un droit de veto sur le contenu en ligne et peuvent faire toutes les modifications voulues.

Selon le communiqué du Globe, Sophi.io est « un système d’intelligence artificielle qui aide les éditeurs à identifier le contenu » qui rejoint le plus les lecteurs. Il possède « de fortes capacités de prédiction de viralité […] grâce au traitement du langage naturel » en IA, il aide les éditeurs à voir quel contenu doit être mis en ligne derrière « le mur payant » (paywall) du Globe and Mail pour maximiser les revenus d’abonnement du quotidien, sans nuire aux recettes publicitaires.

Sophi.io gère le contenu numérique pour trouver et promouvoir les articles les plus pertinents. Il place 99 % du contenu sur toutes les pages numériques du Globe and Mail, y compris la page d’accueil et les pages des sections. Le logiciel est commercialisé désormais.

Greg Doufas, directeur technique du Globe and Mail, a déclaré dans un communiqué que le logiciel est un travail d’équipe : « Sophi.io a été le fruit d’un formidable effort conjoint entre nos scientifiques et développeurs de données, ainsi que notre extraordinaire salle de nouvelles, qui ont collaboré étroitement pour façonner et créer quelque chose qui a véritablement révolutionné le domaine. Nous sommes très fiers d’accepter un prix mondial aussi prestigieux. »

Les États-Unis veulent démanteler Google

Les autorités américaines ont demandé aux tribunaux mardi des « changements structurels » chez Google, ce qui pourrait ouvrir la voie à un démantèlement du groupe, selon l’AFP.

Pourquoi ? L’administration Trump accuse le géant technologique d’atteintes au droit de la concurrence et d’avoir un monopole sur les engins de recherches et la publicité.

Selon l’Agence France-Presse, le ministère américain de la Justice et onze États américains (en majorité républicains, dont le Texas et la Floride) cherchent à empêcher Google de « conserver des monopoles illégaux sur les marchés pour les services généraux de recherche, les recherches publicitaires et les recherches générales pour les annonces publicitaires aux États-Unis ».

Google a qualifié ce recours judiciaire de « profondément vicié ».

On peut voir ici un désir du président Trump de vouloir réglementer les géants du Web, possiblement dans un désir de vengeance. Le président américain reproche régulièrement aux GAFAM d’être défavorables à son égard à et celui de son gouvernement.

Et il y a le contexte électoral actuel. M. Trump veut aussi montrer à ses partisans qu’il est en contrôle et qu’il aimerait bien donner une leçon aux Google, Facebook et Amazon de ce monde en restreignant leurs activités.

Une réalité demeure : Google a trop de pouvoir sur nos vies et nos données aujourd’hui, et la base électorale de M. Trump serait heureuse de voir que le gouvernement américain agit pour éventuellement démanteler les GAFAM.

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Et ce n’est pas terminé, le juge de la Cour suprême Clarence Thomas aimerait bien revisiter la section 230 de la Loi américaine sur la décence dans les communications (1996, Communications Decency Act), qui permet aux plateformes numériques comme Facebook, Twitter, Google, Reddit ou 4Chan de publier des contenus d’usagers sans modération aucune et sans comptes à rendre.   

Trump est d’accord avec cette approche et disons que ça va brasser si le gouvernement réussit à forcer les GAFAM à être redevables de leurs actions ou de leur inaction.

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PUBLIÉ LE 23/10/2020


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