Les écrans

Du temps d’écran bien investi

Gros plan sur les influenceurs «zoomers»

Virginie Landry

Il n’y a pas d’âge pour être influenceur, mais il vaut mieux avoir entre 9 et 24 ans !

Influenceurs zoomers
Illustration : Adobe Stock

Cet article a été rendu possible grâce aux contributions volontaires de Nancy Tremblay, David Germain et Claude Beauregard. Vous aussi, SOUTENEZ LES ÉCRANS aujourd’hui!

Les réseaux sociaux ont vu naître des vedettes… dès leur naissance ! En effet, certains parents ayant créé un compte Instagram pour leur bébé naissant se retrouvent maintenant avec des milliers d’abonnés, voire des millions, et plusieurs lucratifs contrats avec de grandes marques. En 2020, un garçon de neuf ans gagnant 30 M$ par année était considéré comme l’influenceur le mieux payé sur YouTube grâce à ses vidéos de critiques de jouets.

Mais la vraie cohorte de jeunes influenceurs, c’est celle-ci : la génération Z, ou les « zoomers ». Ils sont nés entre 1997 et 2015 et ont de plus en plus de pouvoir en ligne, désavouant ainsi tout ce que les millénariaux ont mis en place avant eux.

Portrait de l’influence de la « Gen Z » sur une multitude de sujets.

Facebook est mort, vive Instagram !

C’est sur Instagram, YouTube, TikTok et Snapchat qu’on retrouve les influenceurs de la génération Z, leur génération n’ayant aucun intérêt pour Facebook, le réseau social des millénariaux.

Selon Business Insider, 65 % des « zoomers » consultent Instagram tous les jours, et 62 % regardent des vidéos sur YouTube quotidiennement, alors qu’un maigre 34 % affirment visiter Facebook aussi régulièrement.

Les réseaux sociaux sont utilisés comme plateforme pour véhiculer leur créativité, c’est pourquoi on y retrouve beaucoup de contenus humoristiques, des chorégraphies, des reprises de chansons populaires et des tutoriels de maquillage.



Génération mode

Le numérique est le secteur qui bénéficie le plus des habitudes de la génération Z, qui passe plusieurs heures par jour sur son téléphone intelligent à consommer du contenu sur les réseaux sociaux, faire des achats en ligne et jouer à des jeux vidéo.

Selon une étude menée par The Business of Fashion en 2019, la génération Z a un pouvoir d’achat (en croissance) de plusieurs milliards de dollars et représente environ 40 % des consommateurs aux États-Unis.

Devant d’aussi impressionnantes statistiques, les entreprises du secteur de la mode n’ont pas eu d’autre choix que de faire le saut en ligne afin d’ouvrir leur catalogue à ces jeunes acheteurs qui, souvent, rendent certains vêtements, accessoires ou gadgets viraux grâce à des mots-clics comme #TikTokMadeMeBuyIt ou #InstagramMadeMeBuyIt.

Le mascara Sky High de Maybelline s’est ainsi écoulé à une vitesse phénoménale lorsque Jessica Eid (@jessica. eid_ sur TikTok) en a fait la critique pour la première fois. À 19 ans, cette jeune influenceuse américaine a réussi à faire bondir les ventes du mascara et a elle-même récolté un montant dans les cinq chiffres pour que la compagnie utilise sa vidéo TikTok comme matériel publicitaire.

Si elle est très friande de nouveaux produits, la génération Z en est aussi une qui se considère comme beaucoup plus écoresponsable et remet les produits de seconde main à l’honneur. Les plateformes de vente en ligne de vêtements et accessoires usagés, comme ThredUP, Depop, Vinted, Bon Magasinage et Facebook Marketplace ont gagné en popularité ces dernières années.

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Génération Z : la grande déconnexion

De tout pour tous les goûts

L’inclusivité et la diversité sont des valeurs importantes pour ces jeunes influenceurs, et les grandes marques de ce monde n’ont plus le choix d’y adhérer aussi. On a donc vu l’apparition d’une plus grande variété de collections taille plus, de campagnes publicitaires « non retouchées » et d’embauche de mannequins trans et issus de la diversité.

Un excellent exemple d’une influenceuse qui a réussi à faire bouger une grande marque est celui de la chanteuse de gorge autochtone Shina Novalingua, âgée de 23 ans et basée à Montréal, qui est devenue la tête d’affiche de la première campagne soulignant le Mois national de l’histoire des Autochtones pour Sephora Canada en 2021. Elle s’est d’abord fait connaître sur TikTok en 2020.

Passer le temps ailleurs que sur les réseaux sociaux

Un autre secteur que ces jeunes réussissent à remettre au goût du jour ? La lecture ! Les influenceurs de la génération Z utilisent TikTok pour faire des critiques littéraires et mousser les ventes de livres papier. On surnomme ce mouvement le « BookTok ». Certaines librairies, comme Barnes and Nobles et Chapters Indigo, ont même créé des listes de lecture sur leur site web mettant en vedette les livres les plus mentionnés sous le mot-clic #BookTok.

Finalement, la génération Z pourrait aussi être celle qui redonnera le goût d’apprendre à cuisiner aux jeunes. Tous se souviendront de la fameuse recette de « pâtes TikTok » qui a fait fureur en 2020 (des tomates confites, de la feta, de l’ail, des pâtes courtes…). Ce que cette génération recherche comme recettes? Des plats faciles à cuisiner, avec peu d’ingrédients et qui, évidemment, font de belles photos pour mettre sur les réseaux sociaux ensuite ! Points bonis si les recettes sont végétariennes ou véganes.

Quelques influenceurs québécois à suivre

Claudie Mercier

Lucie Rhéaume

Cassandra Bouchard

Myriam Lemay

Nahbil Larech

Alanis Desilets

Emma Verde

Alicia Moffet

Énola Bédard


PUBLIÉ LE 21/07/2021


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