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Créer de meilleurs humains grâce aux jeux vidéo

Publié le 17/09/2020 | par Mahé Cayuela

Un adepte de jeux vidéo de 29 ans a fait de sa passion un métier. Las des préjugés, Mathieu Arcand a créé Le Gamer Mentor pour accompagner les ados dans leur passion pour le jeu vidéo. Entrevue.

Mathieu Arcand

«[Les jeunes gamers] sont souvent stigmatisés par leur entourage, qui pense qu’ils perdent leur temps et que ça ne sert à rien. Je suis là pour prouver le contraire.»

-Mathieu Arcand, fondateur, Le Gamer Mentor

D’où vous est venue cette idée ?

Mathieu Arcand : « Le mentorat de jeux vidéo est très populaire en Europe, aux États-Unis et en Corée du Sud. Je me suis aussi beaucoup inspiré de ma jeunesse. Quand j’étais au secondaire, j’étais un gamer et je jouais au football. Mon entraîneur disait souvent : « Heureusement qu’il a eu le football dans sa vie ! C’est ce qui lui a permis d’aller au cégep et à l’université. » Le football permet aux jeunes de rester engagés envers l’école. Je veux offrir le même genre d’encadrement aux jeunes joueurs. Je pense qu’ils sont souvent stigmatisés par leur entourage, qui pense qu’ils perdent leur temps et que ça ne sert à rien. Je suis là pour prouver le contraire. Le Gamer Mentor sert non seulement à créer de meilleurs joueurs, mais également de meilleurs humains. »

En quoi consiste le programme Gamer Mentor ?

M. A. : « Le Gamer Mentor propose de l’encadrement et de l’accompagnement en ligne aux moins de 17 ans. Les ados sont placés en équipes de la même tranche d’âge. Ils ont des entraîneurs, des entraînements et des parties classées. S’ils gagnent des tournois, ils peuvent même décrocher des bourses d’études allant jusqu’à 1000 $US.

Nous exigeons aussi que les participants fassent 30 minutes d’activité physique par jour, en plus d’offrir une heure de formation par semaine sur les saines habitudes de vie. On aborde la nutrition, le sommeil, la dépendance aux jeux vidéo ainsi que la discipline. »

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Quel genre d’engagement vos membres doivent-ils prendre ?  

M. A. : « Nous proposons des essais gratuits pendant deux jours. Si le jeune est intéressé et souhaite s’inscrire, nous échangeons alors avec les parents. Nous tenons à ce que tout le monde soit engagé dans le processus, et nous sommes là pour leur donner des outils. »

Comment choisissez-vous les jeux utilisés ?

M. A. : « Pour travailler à la fois le leadership, la communication, l’adaptabilité et la résolution de problèmes, nous optons pour des jeux sportifs d’équipe ou des jeux de tir et de stratégie. Nous pensons également que ces jeux aident les ados à avoir confiance en eux et à devenir de meilleurs adultes. »

Le quart des ados passent plus de deux heures devant un écran chaque jour. Comment gérez-vous la dépendance aux jeux vidéo ? 

M. A. : « Le problème avec les jeux vidéo, c’est que contrairement au sport, il n’y a pas de fatigue physique qui t’arrête au bout d’un certain temps. Une fatigue mentale finit par s’installer, mais les jeunes ne s’en rendent pas forcément compte. Nous sommes là pour leur apprendre à se réguler. Quand le message ne vient pas des parents, mais de personnes qui sont dans le même milieu, il passe plus facilement. Si on leur dit de prendre des pauses parce que ça les aidera à devenir meilleurs, ça résonne plus que « va jouer dehors » ou ce type de commentaire. »

Qu’en pensent les parents ?  

M. A. : « Nous sommes en période d’évangélisation et d’éducation. Pour certains, c’est un non catégorique, alors que pour d’autres, c’est rassurant de savoir que leur enfant est encadré. »



Vous avez accueilli en vos rangs une quinzaine de jeunes durant l’été. Y avait-il des filles dans le lot ?

M. A. : « Pour l’instant, une seule fille a participé au programme. Je ne pense pas qu’elles se sentent exclues. Elles sont nombreuses à interagir et à échanger avec nous sur les réseaux sociaux. »

Quelles sont les possibilités de carrière dans ce domaine ? 

M. A. : « Comme pour le hockey, il y a un pourcentage de jeunes qui réussissent à percer. D’ailleurs, un de nos jeunes va arbitrer dans une ligue de e-sport. Ça lui fait déjà un petit travail et de l’expérience. On ne sait jamais où ça peut mener… »

Quels sont vos projets pour faire grandir Le Gamer Mentor ?  

M. A. : « Nous aimerions proposer des formations en anglais, des programmes pour adultes et d’autres, plus récréatifs, pour les 8 à 10 ans. De plus, nous souhaiterions collaborer avec des professionnels en psychologie afin de mieux comprendre et suivre le développement personnel de nos élèves. Pour l’instant, nous avons déjà constaté qu’ils ont plus confiance en eux et en leurs capacités, et ce, même à l’extérieur du jeu. »


Mahé Cayuela