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Le Devoir : portrait d’une transformation numérique réussie

Jean-Baptiste Hervé

Le Devoir vit une période de croissance notable, tant au point de vue de ses abonnements papier que du nombre de ses lecteurs en ligne. Son directeur de l’information numérique, Florent Daudens, nous partage sa vision d’une transition numérique réussie.


Florent Daudens

« Il faut essayer de nouveaux formats et amener dans les salles de presse des expertises qui n’existaient pas il y a dix ans. »

-Florent Daudens, directeur de l’information numérique, Le Devoir


Il y a aujourd’hui une exigence de réfléchir à de nouvelles façons de parler et d’écrire. Aborder cette transition numérique, c’est nécessairement se pencher sur le renouvellement de la forme du discours médiatique.  

« Ça veut dire non seulement de penser aux changements dans les habitudes des lecteurs, mais aussi de transformer toute l’organisation d’une salle de nouvelles, précise Florent Daudens. On est ici dans le développement de nouvelles façons de raconter. » 

Concrètement, comment Le Devoir a-t-il procédé ? « En misant sur l’innovation pure et dure, répond-il. Il faut notamment essayer de nouveaux formats et amener dans les salles de presse des expertises qui n’existaient pas il y a dix ans. » Par exemple des ingénieurs informatiques en visualisation de données et des vidéastes.

Stratégies gagnantes

C’est peu dire que Le Devoir est désormais un média en ligne à part entière. Le quotidien fondé par Henri Bourassa a fait bien du chemin depuis l’inauguration de son site web en 1997 ! Sans délaisser le papier, il est devenu un acteur important du monde numérique. 

« Notre stratégie : toutes les plateformes qu’on garde, on les fait bien, analyse Florent Daudens. Nous avons ainsi complètement refait la maquette graphique. De plus, nous avons fusionné les cahiers week-end pour faire naître le D magazine. »

Résultat : hausse des abonnements, tant numériques que pour le papier.

Sur les médias sociaux, l’augmentation est aussi significative. Depuis le 24 février 2020, Le Devoir a vu le nombre de ses abonnés croître de 26 % sur Facebook (388 850 abonnés). La hausse est de 38 % sur Instagram (86 123 abonnés), de 266 % sur YouTube (13 555 abonnés) et de 3,6 % sur Twitter (330 699 abonnés).

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Effet pandémie

Même s’il y a sans doute « l’effet pandémie » qui a rendu l’information plus importante et nécessaire dans le quotidien des Québécois, le directeur de l’information est très heureux de ces hausses.

« Je suis extrêmement fier de la façon dont on couvre la pandémie, se réjouit-il. C’est une situation qu’on n’aurait jamais pu envisager et qui est d’une intensité journalistique que je n’ai jamais vue en 15 ans de carrière. Rien à voir avec le 11 septembre ! »

Florent Daudens continue : « Je trouve que cela traduit tout le chemin parcouru, numériquement parlant, et à quel point on est bien positionné pour couvrir l’information. On fait du bon journalisme au Devoir, mais on est aussi capable de lui donner la résonance numérique qu’il mérite. »



Travail d’équipe

Le pari réussi du Devoir tient beaucoup à l’engagement de son équipe, rappelle Florent Daudens. Les journalistes ont tout de suite voulu s’engager dans l’aventure, ce qui a permis de maintenir son édition papier tout en développant sa vie en ligne.

« On est vu à tort comme un plus petit média que les autres, mais on a fait la démonstration qu’on peut être un média de référence », souligne-t-il.


PUBLIÉ LE 02/11/2020