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Facebook n’est plus su’a coche

Steve Proulx

Alors que Facebook n’a pas encore atteint sa majorité — le réseau social a soufflé ses 17 bougies en mars 2021 —, bien des jeunes l’auraient déjà relégué dans la catégorie des vieilles choses.

Photo : Barefoot Communications | Unsplash

C’est un problème pour le vaisseau amiral de l’empire de Mark Zuckerberg. Bien des experts disent maintenant que le réseau social aurait franchi son point de bascule.

Cette chronique a d’abord été publiée dans l’infolettre InfoBref du samedi 27 février. Pour s’y abonner, c’est par ici.

Une étude française donne le ton

Menée par Diplomeo et publiée au début du mois, la dernière étude sur l’utilisation des réseaux sociaux par les jeunes confirme une tendance que d’autres études ont relevé ces dernières années: les jeunes tournent le dos à Facebook.

La désaffection des jeunes Français de 16 à 25 ans pour Facebook est manifeste. En 2017, 93% des répondants de cette tranche d’âge utilisaient le réseau social. Ils ne seraient plus que 54% en 2020.

Le désintérêt pour Facebook est encore plus marqué chez les jeunes de 16 à 18 ans: seulement 28% d’entre eux utilisent le réseau social.

Facebook est aussi le réseau social le plus supprimé par les jeunes, 1 jeune sur 10 a «tiré la plogue» en 2020.

C’est Instagram (qui appartient à Facebook, heureusement) qui trône en tête des réseaux sociaux les plus utilisés par les jeunes sondés par Diplomeo (82%). Snapchat décroche la deuxième place (74%).


Un désamour qui grandit

Cela fait déjà quelques années que des experts avancent que Facebook aurait atteint un point de bascule, que son déclin est inévitable.

Pour l’instant, la tendance ne semble pas avoir affecté son nombre total d’utilisateurs actifs, toujours en croissance: 2,8 milliards d’humains utiliseraient Facebook, selon les chiffres tirés des rapports trimestriels de la société.

Source : Statista

En revanche, ces utilisateurs «actifs»… le seraient de moins en moins.

Le rapport The Infinite Dial 2019 d’Edison Research avait déjà noté un déclin dans l’utilisation de Facebook entre 2017 et 2019 chez les adultes américains; un déclin d’ailleurs plus marqué chez les jeunes. En fait, aux États-Unis, seuls les 55 et plus se sont fait aller le «J’aime» plus intensément pendant cette période.

Les raisons invoquées

Toujours selon le rapport d’Edison Research, la raison numéro 1 qui pousserait les adultes américains à se désintéresser de Facebook serait le trop grand nombre de commentaires personnels insignifiants. La tante qui publie une photo de son déjeuner, on en a soupé.

Les autres raisons concernent la surabondance de commentaires négatifs, les préoccupations en ce qui concerne la vie privée, l’attrait pour d’autres médias sociaux et le désir de préserver sa santé mentale.

Fait à noter: 47% des répondants ont invoqué que leurs amis ne publiaient plus tellement de statuts sur Facebook. Nous voilà donc devant un beau un cercle vicieux: moins de gens fréquentent Facebook parce que moins de gens fréquentent Facebook…

Chez les jeunes, qui s’entichent des médias sociaux axés sur les contenus éphémères (Snapchat, TikTok), une autre raison s’ajoute à la liste: Facebook est de plus en plus considéré pour eux comme «le média social de mes parents et de mes grands-parents».

Facebook n’est tout simplement plus su’a coche. C’est la vie.

Cela dit, quand les jeunes d’aujourd’hui deviendront parents à leur tour, parions que leurs enfants ne trouveront pas TikTok très cool non plus.

Alors, Facebook pourrait bien redevenir à la mode. Après tout, si même les pantalons patte d’éléphant ont été ressuscités, tout est possible.


PUBLIÉ LE 03/03/2021


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