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J’ai pris une pause des médias sociaux

Publié le 15/10/2020 | par Louise Bouchard

Des personnalités publiques comme de simples citoyens numériques ressentent l’appel de la déconnexion. Qu’est-ce qui les pousse à se dissocier de leur double numérique et à prendre une pause des médias sociaux ?

Illustration : prostockstudio | Freepik

Dans les médias, certains ont tenté l’expérience. L’animateur de l’émission Moteur de recherche à ICI Radio-Canada PREMIÈRE, Matthieu Dugal, a par exemple décidé de « tirer la plogue » l’hiver dernier. Raisons invoquées ? La dégradation du ton qu’on trouve sur les réseaux sociaux et son « besoin quasi impulsif » de réagir à la moindre notification. 

Même son de cloche du côté d’Emma Fierberg, chroniqueuse au Business Insider, qui a abandonné les réseaux durant un mois. Une décision motivée par cette vidéo de Carl Newport. L’auteur de Digital Minimalism y compare l’effet des mentions « J’aime » à l’appât du gain au casino.

Quand la désinformation pousse à la désertion

Charles (nom fictif) est représentant en assurances dans la région de Sherbrooke. Boulimique d’information, il utilise les réseaux sociaux comme source de nouvelles. C’est toutefois la désinformation autour de la pandémie qui l’a amené à supprimer ses comptes.

« J’ai commencé par retirer des contacts qui relayaient de fausses nouvelles ou des théories du complot, explique-t-il. Je me demandais vraiment comment ils pouvaient croire à ces âneries. »

Sa frustration l’a finalement poussé à tout arrêter. Certes, les discussions de groupe avec des membres de sa famille ou des amis lui manquent. « Mais je ne rate rien, car je suis au courant des choses importantes grâce à ma conjointe », précise-t-il.



Moins de « J’aime », plus de sommeil

L’expérience de minimalisme numérique a été salutaire pour ces trois « déconnectés » : Emma Fierberg a retrouvé le sommeil, est plus productive et plus concentrée. Le travail l’oblige cependant à un retour en ligne, qu’elle qualifie de moins imposant qu’avant.

Matthieu Dugal s’était engagé à se déconnecter pendant quatre semaines. Il a étiré l’expérience jusqu’à cinq, pour la tranquillité d’esprit et « un peu de confort avant de revenir dans le monde virtuel ».

L’animateur radio a profité de ces « vacances » pour réfléchir, notamment aux effets des réseaux sociaux sur le cerveau, de même qu’à la dose de dopamine que nous procurent les mentions « J’aime » et les bips annonçant une notification. Il évoque aussi les « liens faibles » — ces connaissances pourtant très présentes sur nos réseaux — également source de sérotonine. Et le besoin d’une véritable hygiène en ligne, question de s’assurer d’une vie sociale concrètement satisfaisante.

Liberté retrouvée

Charles, pour sa part, considère qu’il est mieux informé qu’avant. Il se dit en outre heureux d’avoir retrouvé la liberté de choisir le moment où il prendra connaissance des nouvelles du jour.

Début automne 2020, il n’a toujours pas réintégré son ancienne vie numérique. « Quand la pandémie sera passée, j’y retournerai peut-être », avance-t-il. À condition qu’il y ait un meilleur contrôle sur la qualité des discussions et des informations…


Louise Bouchard
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