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Génération Z : la grande déconnexion… ou non?

Publié le 12/08/2020 | par Catherine Courchesne

Les jeunes sont-ils aussi branchés qu’on le croit ? Ont-ils atteint un point de rupture dans leur vie hyperconnectée ?

Illustration : Adobe Stock

Une enquête menée par la société de communication mondiale Dentsu Aegis en mars et avril 2020 auprès de 5000 jeunes de la génération Z (âgés de 18 à 24 ans) montre que 20 % d’entre eux ont désactivé leurs comptes sociaux pendant la pandémie.

Est-ce le début d’une grande déconnexion ou un simple phénomène de passage ?

« Le mot “déconnexion” me semble un peu fort », lance Rachel Desbiens-Després, directrice générale et chef de la stratégie à l’agence de communication marketing Canidé.

Selon elle, on a plutôt affaire à un phénomène de désintoxication. « Alors que la déconnexion sous-entend qu’on se débranche des réseaux sociaux pour toujours, le terme “désintoxication” évoque une pause temporaire. »

Des pauses que la Gen Z n’hésiterait pas à prendre. « Ces jeunes étant nés avec les réseaux sociaux, il est normal qu’ils aient parfois envie de s’en éloigner. D’ailleurs, à l’école, on leur apprend de plus en plus à assainir leur relation avec les Facebook et Instagram de ce monde pour éviter de tomber dans la dépendance. »

Conséquence de la pandémie ?

Née à partir de 1997, la génération Z a toujours connu l’Internet. Ce n’est pas un hasard si on la dépeint souvent cellulaire à la main, incapable de se passer du numérique.

C’est pourquoi le rapport de Dentsu Aegis surprend. Selon les résultats, un cinquième de la Gen Z s’est désactivé des réseaux sociaux durant la pandémie, et ce, pour des soucis de confidentialité et de bien-être. Qui plus est, un autre tiers en aurait limité son utilisation pour les mêmes raisons.

Ce n’est tout de même pas la première fois qu’on identifie le phénomène. À l’automne 2019, un sondage de la firme de recherche GfK Consumer Life mené auprès de 37 000 personnes dans 25 pays révélait que la génération Z avait une plus grande volonté de déconnexion que les millénariaux. Les résultats indiquaient également qu’elle était moins optimiste quant aux effets de la technologie sur la société.

« Le confinement a forcé les gens à vivre davantage en ligne, et donc à s’exposer à une forme d’infobésité. Le besoin de désintoxication s’est peut-être fait ressentir plus intensément et de manière plus généralisée qu’à l’habitude », explique Rachel Desbiens-Després.

Se déconnecter pour mieux se reconnecter ? 

Cela dit, une étude menée de pair par Canidé et la firme de recherche Callosum et Passages Marketing en février et mars 2019, montre que la Gen Z reste attachée à son téléphone intelligent. Basée sur les réponses de 1000 jeunes de cette génération, l’enquête révèle en effet que ceux-ci passeraient plus de temps sur leur téléphone intelligent, les réseaux sociaux et les jeux vidéos que leurs prédécesseurs millénariaux. Plus précisément, ils y passeraient environ 3,6 heures par jour ! « Des habitudes d’utilisation qui risquent de persister dans le temps, souligne Rachel Desbiens-Després, pandémie ou pas. » 

Ainsi, la spécialiste persiste et signe : « Si phénomène de déconnexion il y a, il n’est que passager. Tôt ou tard, les jeunes “débranchés” reviendront sur les réseaux sociaux… À moins qu’une alternative qu’ils jugent plus intéressante se pointe à l’horizon. »


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Catherine Courchesne