Les écrans

Le média en ligne des médias en ligne

Le commerce content, c’est quoi?

Catherine Courchesne
Récents articles de Catherine Courchesne (tout voir)

Le commerce content a vu le jour en ligne. Ce modèle publicitaire a-t-il le potentiel de sauver les médias en ligne ?

commerce content
Illustration : Adobe Stock

Le commerce content, qu’on pourrait traduire par « contenu commercial », cherche à faire des heureux.

Tant les marques et les médias que les consommateurs-lecteurs pourraient d’ailleurs y trouver leur compte. Comment ? En facilitant l’expérience de magasinage, de la recherche à l’achat, grâce à des articles informatifs concernant des produits et services spécifiques auxquels sont associés des liens vers des détaillants en ligne.

Un exemple concret

Le commerce content demeure encore un mystère pour plusieurs. Pour éclairer notre lanterne collective, la consultante en marketing d’affiliation Cynthia Fortin donne le parfait exemple.

« Imaginez un consommateur voulant acheter un calendrier de l’avent, illustre-t-elle. Il peut bien sûr visiter les sites Internet de diverses compagnies et comparer les nombreux calendriers offerts. Il peut aussi gagner du temps en consultant un article de commerce content publié sur un média traditionnel ou un blogue populaire. »

En somme, le texte en question « lui propose non seulement une liste des calendriers de l’avent 2020 les plus originaux, mais lui permet en plus d’acheter le modèle de son choix simplement en cliquant sur le lien du détaillant. »

Des avantages mesurables

Le modèle se démarque des bannières publicitaires, car les annonceurs peuvent en évaluer concrètement l’efficacité, ajoute Cynthia Fortin. « Les marques peuvent voir en temps réel le nombre de lecteurs et de clics, ainsi que le montant des ventes et des profits. »

Un autre avantage du commerce content pour les annonceurs : n’avoir rien à payer tant et aussi longtemps que les consommateurs n’achètent pas. Leurs redevances aux médias sont plutôt calculées sous la forme d’un pourcentage des ventes générées grâce au texte.

Au final, on évalue le retour sur les dépenses publicitaires à 12 : 1, précise Ceres Cueva, vice-présidente des partenariats avec les éditeurs chez Rakuten. Cette société d’affiliation se spécialise notamment dans la technologie derrière l’analyse des habitudes de consommation.

> LIRE AUSSI :
Cinq secrets pour faire de votre blogue un succès

Le commerce content : grand sauveur des médias en ligne ?

Pour l’heure, impossible d’affirmer que le commerce content sauvera les médias en ligne. « C’est une voie très prometteuse », affirme toutefois Cynthia Fortin.

Dans un échange de courriels, Ceres Cueva abonde dans le même sens. « Le commerce content est un bon moyen pour les médias de générer du trafic et des revenus tout en fournissant le contenu recherché par leurs lecteurs. Il permet également de montrer des résultats concrets auprès des annonceurs, surtout en ces temps de pandémie où plusieurs tentent de réduire leurs dépenses. »

« Si l’article que vous avez lu sur les calendriers de l’avent vous a plu, peut-être deviendrez-vous un consommateur régulier du média ou du blogue qui l’a publié », renchérit Cynthia Fortin.

Malgré ces avantages, la consultante note que le commerce content tarde à se répandre au Québec. En cause : la petite taille du marché francophone et la frilosité des médias vis-à-vis de cette stratégie de monétisation.

« Les médias québécois ont peur de perdre leur indépendance éditoriale, tout comme de voir les marques cesser d’acheter des bannières publicitaires. »

Des peurs non fondées, selon elle.


PUBLIÉ LE 12/11/2020