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Comment réussir son balado?

Publié le 11/07/2020 | par Stéphane Berthomet

Deux créateurs de balados partagent leurs expériences et leurs conseils.

créer sa balado
Photo : Ed Rojas | Unsplash

Vous voulez créer un balado, mais vous ne savez pas comment faire?

Comme vous le savez, je suis déjà passé à travers les questions et les étapes qui jalonnent le parcours d’un créateur de balado et je vais essayer de vous accompagner ici dans une série d’articles.

Avant de se lancer sur des questions un peu plus techniques, il m’a semblé important de partager le parcours de deux personnes qui ont créé leur propre balado, de façon indépendante et en partant de zéro.

J’ai d’abord appelé Simon Predj, le créateur du balado « Les oubliettes », mais aussi du très connu « Ars Moriendi », dans lequel il raconte et met en scène avec talent des histoires à faire frissonner les moins craintifs d’entre nous.

Et puis Bridget Frank — ce n’est pas un pseudonyme — qui est anglophone tout comme son balado « Interviews with exes », une série d’entrevues touchantes, sincères et parfois crues avec ses « ex », qu’elle est allée rencontrer un épisode après l’autre.

Difficile de faire plus différent que ça, bien que tous deux aient pour point commun d’être les idéateurs de leurs projets et d’avoir eux-mêmes réalisé leurs balados de A à Z.

Parce que sinon, c’est trop facile : vous avez une idée, vous la rédigez, vous l’envoyez à un producteur de balados… et hop, c’est parti ! Je plaisante, c’est pas mal plus compliqué. Mais revenons à Bridget et Simon.

Simon est un passionné de cinéma de genre, de true crime et de films d’horreur. Il est parti de cela pour créer son propre concept de balado. Il a fait ce que tout bon créateur doit faire, à savoir s’inspirer de sa passion pour un domaine en particulier, soit les histoires qui font peur aux petits et aux grands. « J’ai voulu créer quelque chose que j’aurais eu envie d’entendre », m’explique-t-il. Bridget, quant à elle, est partie d’une démarche qu’elle aurait menée, me dit-elle, « même sans en faire un balado ».

Cette démarche intime venait d’une curiosité personnelle et du besoin de comprendre où elle a pu se tromper dans sa recherche d’un véritable amour durable, et elle était « passionnée, naïve et très motivée » au début de son aventure dans l’univers du balado.


Tous deux ont choisi l’audio plutôt que la vidéo (YouTube, par exemple). Pour Bridget : « les gens étaient plus à l’aise devant un simple micro ». Pour Simon : « à l’audio, ce sont les gens qui fabriquent leurs propres images. »

Bridget s’est lancée dans l’aventure sans grande préparation ni considération technique. Elle souhaitait mettre l’accent sur le contact avec ses ex. Elle les a rencontrés parfois dans un parc ou dans un bar, avant de réaliser que la qualité sonore des entretiens en était affectée. Elle a donc rectifié les choses en cours de route.

Bridget Frank

« J’ai voulu prioriser les lieux et les rencontres plutôt que la technique en pensant que ce qui comptait surtout, c’était le contenu, mais c’était une erreur, la technique est aussi importante. »

Bridget Frank

Simon, qui était « directeur » (oui, monsieur) de la radio étudiante au secondaire et qui est, de son propre aveu, un peu perfectionniste, s’était longuement documenté sur le matériel et les questions techniques avant de se lancer.

Il a eu la chance d’avoir une amie journaliste et documentariste, qui, après le premier épisode, lui a proposé de l’aider et de le « challenger » dans la scénarisation de ses histoires.

Ça a été, pour Simon, un élément important de la qualité de son contenu.

Simon Pedj

« C’est difficile de se faire challenger, j’ai parfois du mal avec ça, mais ça m’a énormément aidé à améliorer mon contenu… Depuis, je cherche encore la bonne personne qui pourrait avoir un œil réellement critique sur mon travail, mais c’est difficile à trouver. »

-Simon Predj

Bridget s’est adaptée techniquement en cours de route, en priorisant des lieux calmes pour les rencontres et en se procurant du meilleur matériel audio pour ses entrevues.

La réponse à la question « qu’est-ce qui selon toi a fait le succès de ton balado » est particulièrement intéressante pour qui voudrait se lancer…

Pour Simon c’est « l’originalité du traitement et l’univers mis en scène ainsi que la façon très humaine et pas sensationnaliste » qu’il a de raconter les histoires qui font une différence. 

Bridget croit pour sa part que la réussite de son balado tient dans le fait que « le sujet est universel », mais aussi parce que sa démarche est « honnête, authentique et vraiment passionnée. »

Un constat valable pour beaucoup de balados, mais aussi pour la plupart des démarches de création…



Des conseils pour créer votre balado

Pour ceux et celles qui aiment les listes, voici les 4 conseils de Simon et Bridget pour créer votre balado.

Les 4 conseils de Bridget :

  • Se renseigner et bien choisir le matériel à utiliser en fonction des conditions d’enregistrement.
  • Ne jamais prendre la qualité audio à la légère.
  • Être authentique.
  • Avoir un formidable concept et veiller à la qualité de son contenu.

Les 4 conseils de Simon :

  • Retravailler ses épisodes en les écoutant plusieurs fois avant de les mettre en ligne.
  • Se tenir au courant de l’évolution technologique pour trouver du bon matériel à des coûts raisonnables.
  • Ne jamais sacrifier la qualité de son contenu ou de la technique.
  • Faire des recherches et se documenter, la préparation est la clé.

J’ajouterais enfin quelques grandes lignes directrices plus personnelles :

  • Partir de quelque chose qui nous touche, qui nous passionne et s’en tenir à une démarche honnête et sincère.
  • Accepter la critique et même la solliciter pour avoir un regard extérieur sur son travail, et surtout, en tenir compte.
  • Se préparer autant sur le plan de la scénarisation que de la technique et ne pas se lancer sans s’être donné un but, un objectif, même s’il est à court terme.
  • Avoir un concept unique qui nous est propre, mais qui a aussi un potentiel d’universalité.
  • Toujours veiller à avoir une approche originale et personnelle et ne pas oublier que les auditeurs doivent se retrouver dans votre contenu et satisfaire une curiosité ou une envie personnelle.

Le prochain article portera sur le sujet et le choix du titre.


Stéphane Berthomet
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