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Combien de temps le coronavirus peut-il survivre sous les projecteurs?

Publié le 07/05/2020 | par Steve Proulx

Il fallait s’y attendre. Dans un monde de l’information habitué à des cycles de nouvelles de 24 heures, tôt ou tard, même un sujet aussi imposant que le coronavirus était condamné à montrer des signes de « fatigue ».

COVID-19 fatigue médiatique

Retour à la normale

Au Royaume-Uni, selon la BBC, les émissions d’information ont commencé à enregistrer leurs plus faibles auditoires depuis le début du confinement. Le groupe de recherche de Havas Media note pour sa part une stabilisation du nombre de visites sur les sites de nouvelles au pays, après un bond de 105 % ces dernières semaines.

Aux États-Unis, le 14 avril dernier, le Nieman Journalism Lab rapportait aussi que le trafic vers les sites de nouvelles était revenu à son niveau « prépandémie ». Dans la semaine du 9 mars, le quart des pages consultées sur les sites de nouvelles concernait le coronavirus. L’intérêt s’est maintenu jusqu’à la fin du mois de mars, moment où la « courbe » de l’intérêt du public pour les nouvelles liées au coronavirus a commencé à redescendre.

Des signes de saturation

C’est au début du mois d’avril que Chartbeat, un fournisseur de données sur les médias, a commencé à conseiller aux médias d’information d’allouer des ressources à d’autres sujets que la COVID-19 pour « éviter la saturation ».

Plus des deux tiers des Australiens, aussi en confinement, disent maintenant éviter les nouvelles concernant le coronavirus, selon un sondage. Pour 52 % des répondants, la raison est claire : « Je suis tanné d’en entendre parler… »

Publié il y a quelques jours, l’édition 2020 du rapport L’État des médias de Cision offrait même ce conseil aux professionnels des relations publiques : « Un journaliste a mentionné que la popularité des articles qui ne concernent pas la COVID-19 augmente, alors si vous avez un sujet à saveur locale qui fait chaud au cœur, n’hésitez pas à le présenter. » 



Et au Québec ? 

Alors que les victimes de la COVID-19 se comptent maintenant par milliers, et qu’au cours de la dernière semaine, le nombre de morts qui s’ajoutent aux statistiques dépasse souvent la centaine par jour, on sent aussi que le drame est entré dans une sorte de terrible… normalité.

En fait, le premier ministre lui-même l’a dit : l’horreur de la COVID-19 frappe dans les CHSLD. Le reste du Québec, quant à lui, est en train d’aplatir la courbe. 

Et il faut passer à autre chose, nous dit-on…


Steve Proulx

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