Les écrans

Du temps d’écran bien investi

Pourquoi tout le monde parle de Clubhouse?

Steve Proulx

Clubhouse, ce nouveau réseau social basé sur le contenu audio, fait beaucoup jaser ces temps-ci, surtout depuis qu’Elon Musk y a fait une apparition il y a quelques semaines. Mais au-delà du « buzz » actuel, Clubhouse a-t-il le potentiel de devenir un incontournable dans le paysage médiatique?

Photo : William Krause | Unsplash

Un chroniqueur de PCMag a résumé de belle façon ce que permet l’app Clubhouse : « C’est un peu comme écouter une conversation téléphonique, mais légalement. »

En effet, Clubhouse permet à une personne de lancer une conversation et de discuter de choses et d’autres, avec une ou des milliers de personnes.

Attention : Clubhouse n’est pas une plateforme pour écouter des balados. Les conversations sont en direct, elles ne sont pas enregistrées, et tous les auditeurs ont la possibilité de participer à la discussion en « levant la main ».

En fait, considérons plutôt Clubhouse comme une version 2.0 des fameuses émissions de « lignes ouvertes » à la radio.

Lancé en mars 2020, Clubhouse est toujours en développement (béta). On ne peut pour l’instant y accéder que sur invitation. Par ailleurs, l’app n’est compatible qu’avec iOS. Il faut un iPhone pour l’utiliser. Une version pour appareils Android viendra plus tard.

Cette chronique a d’abord été publiée dans l’infolettre InfoBref du samedi 13 février. Pour s’y abonner, c’est par ici.

Pourquoi on en parle

L’intérêt pour Clubhouse n’a cessé d’enfler ces derniers mois.

D’abord, l’app s’est imposée comme une nouvelle façon de maintenir un semblant de vie sociale en ces temps de pandémie.

Puis, le côté « club privé » a quelque chose d’excitant. En devant être invités pour utiliser l’app, les premiers membres de la communauté (cela dit, ils seraient déjà environ 2 millions) ont un sentiment d’exclusivité. Celui-ci ne durera pas très longtemps, mais pour l’instant, ce « privilège » fait des envieux : tout le monde veut savoir ce qui se passe sur Clubhouse.

Clubhouse est aussi la nouvelle coqueluche des investisseurs en capital de risque de la Silicon Valley. L’app, qui avait une valeur de 100 millions $ il y a moins d’un an, vaudrait aujourd’hui 1 milliard $.

Le fonds de capital de risque Andreessen Horowitz, créé par les deux fondateurs de Netscape, compte parmi les investisseurs de Clubhouse. Depuis sa création en 2009, ce fonds a investi dans une myriade d’entreprises technologiques à succès, comme Facebook, Instagram, Pinterest ou Airbnb.

Et alors que l’app n’en est qu’à ses balbutiements, Facebook serait déjà en train de développer une app concurrente, selon le New York Times. De son côté, Twitter teste actuellement la fonctionnalité Spaces, qui permet aussi de créer des « tweets audio éphémères ».

En bref, il se passe quelque chose avec Clubhouse.

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J’ai essayé Clubhouse

Histoire de mettre en perspective le côté « exclusif » de cette app-sur-invitation-seulement, cela m’a pris environ 10 minutes pour trouver une personne dans mon réseau prête à m’inviter.

Il s’agissait de Jean-Patrice Rémillard, un musicien de mes amis, qui voit dans cette app un beau potentiel : « Je pense que Clubhouse va devenir un gros joueur, m’a-t-il dit. Il y a un besoin criant de communauté actuellement, et cette app est cool, car on n’est pas dans le paraître, comme avec Instagram. Ce qui rend les gens intéressants sur Clubhouse, c’est la qualité de leurs propos. »

En deux mots, pour avoir du succès sur Clubhouse, les Instababes qui nous bombardent de photos de leurs attributs devront se trouver quelque chose à dire. Parce qu’il n’y a rien à voir sur Clubhouse.

En ouvrant l’app, on est invité à sélectionner nos intérêts, puis on nous suggère des personnes à suivre. Rapidement, on se retrouve avec une liste de « conversations » à écouter en direct.

C’est ainsi que je suis tombé sur un panel dans lequel Marc Randolph, l’un des fondateurs de Netflix, était invité. L’homme donne aujourd’hui des conférences sur la gestion d’entreprise. Avec moi, environ 1500 personnes écoutaient ce qu’il avait à dire et pouvaient lui poser des questions.

En faisant défiler la liste des conversations, baptisées « Rooms », j’ai trouvé des discussions sur une panoplie de sujets, incluant un débat intitulé « Star Wars vs. Planet of the Apes ». Cela dit, on y trouve beaucoup de consultants qui prodiguent des conseils à propos du carré de sable qu’ils connaissent, que ce soit les ventes, le marketing ou les ressources humaines.

En revanche, trouver des discussions en français n’est pas encore très facile. Pour tout dire, je n’en ai trouvé aucune.

Il semble donc y avoir là une occasion à saisir pour les influenceurs francophones souhaitant investir une plate-forme émergente.

Il reste aussi à trouver un modèle d’affaires viable pour cette idée. Ça viendra assez vite, n’ayez crainte…


PUBLIÉ LE 17/02/2021


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