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Au tour du journal Les Affaires d’accepter les dons

Un grand média peut-il s’en sortir en comptant sur les contributions volontaires? Soyons réalistes.


Comme de nombreux autres médias, Les Affaires souffre de la chute drastique de ses revenus publicitaires en raison de la « pause » imposée par le gouvernement du Québec pour contenir la pandémie de COVID-19.

Ironiquement, une chute qui survient à un moment où les médias d’information sont plus « consommés » que jamais…

À l’instar de La Presse, du Devoir et des quotidiens régionaux réunis au sein de la nouvelle Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i), Les Affaires s’inscrit donc dans la tendance du « journalisme philanthropique ». Un modèle qui se répand, au Québec comme ailleurs, et qui se présente comme une façon pour les médias de diversifier leurs sources de revenus.



Un grand média peut-il espérer s’en sortir en comptant sur des contributions volontaires ?

Soyons réalistes.

Au départ, le « journalisme philanthropique » au Québec se heurte à une culture distincte… assez peu versée dans la philanthropie.

Selon l’Étude 2020 sur les tendances en philanthropie au Québec, réalisée par Épisode, en combinant les dons déclarés et non déclarés, les Québécois donnent en moyenne 224 $ par année à une cause. Dans le reste du Canada, c’est plus du double : 531 $ par personne.

Il y a aussi l’exemple de La Presse : en devenant un OSBL, le quotidien sur tablette s’est mis à solliciter les contributions volontaires. 

Après un an, comme le révélait le média dans son rapport d’activités 2019, les contributions volontaires ont totalisé 3 millions de $, soit 60 % de l’objectif annuel que visait La Presse (5 millions de $). 

Qui plus est, 67 % de ces contributions ont été faites dans les trois premiers mois de l’année 2019 : les mois qui ont suivi le lancement de l’initiative et qui ont sans doute profité de l’effet de nouveauté.

Extrapolons plutôt en se basant sur les neuf autres mois de l’année 2019, qui se rapprochent davantage de la normalité : cela donne environ 110 000 $ par mois. 

Une belle somme pour un petit média, mais pour un organe de presse qui compte plus de 400 salariés, c’est l’équivalent d’un montant de 275 $ par employé, par mois. 

Ou à peu près 1,80 $ l’heure.

Bref, soyons réalistes…


Pour faire mentir les pessimistes, on vous invite tout de même à faire un don au journal Les Affaires en cliquant ici


Steve Proulx